TALOU
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| page ouverte le 28.12.2005 | dernière mise à jour 28/12/2005 22:16:56 |
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Talou : petit pays de Haute-Normandie, dont les délimitations géo-historiques ont été âprement discutées. |
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H. Mollo, Histoire mon village (année 1970) : "A cette époque (VIIIè siècle), le Pagus Caletensis (le Pays de Caux), se scinde en deux parties. La région entre la Scie et la Bresle devient le Pagus Tellaüs (le Talou), qui sera l'archidiaconé d'Eu. On a prétendu que le comté d'Aumale n'en faisait point partie. Ses origines restent obscures. Notons que la paroisse de Vieux Rouen dépendra jusqu'à la Révolution du doyenné de Foucarmont, lequel est bien compris dans le Pagus Tellaüs. " A. Leduque, Ambianie, (année 1972) carte p 23 : limite ouest présumée au sud de l'Hyères, partant de Penly, sur la mer, passant par la source de l'Hyères, pour aboutir au Mont du Roi, en Conteville (4,5 km nord-ouest du grand carrefour gallo-romain de Pierrement). p 27 : "Il semble que le Vimeu ne fut qu'un sous-pagus ou district dépendant du Ponthieu, plutôt qu'un pagus à part entière". p 33 : "les attestations et identifications ... de la Chronique de Saint Wandrille ... renforcent la conception d'un Grand Vimeu s'étendant au delà de la rivière Bresle". ... "La frontière ... laissant à droite les sources de la Bresle ... devait gagner Conteville ... Réalcamp (Regalis Campus) ... Foucarmont ... Bois de la Cavée, sur Cuverville ... par l'arbre de Grény ... vers le littoral". p 34 : "La limite entre les deux comtés d'Eu et du Talou (devenu comté d'Arques) est constituée par un vallon très profond, situé à l'ouest du village de Penly (Seine-Maritime), sur le bord de la mer. Cette gorge naturelle s'appelle encore : le Val des Comtes". B. Beaujard, Haute-Normandie (année 1976) p 3 : Talou médiéval : région géographique entre les rivières Yères et Scie ... dépendant de l'évêché de Rouen. " Les Calètes étaient installés à l'ouest de Caudebec-en-Caux. Les occupants du Talou leur étaient-ils soumis ? Jouissaient-ils d'une autonomie comme les Catuslogi leurs voisins ? La découverte dans cette zone d'un monnayage gaulois local, différent de celui des Calètes, l'existence d'un pagus mérovingien distinct de celui du Caux, rendent leur situation comparable. Mais pas un document antique ne dit mot de leur statut politique; aucun site équivalent de Bois-l'Abbé ne pouvait leur servir de lieu de rencontre, de capitale. Aussi faut-il se résigner pour l'instant à ne pas répondre à ces questions." (B. Beaujard, Haute-Normandie, p 5). R. Soulignac, Calètes (année 1980) p 21, " Longtemps les cartes ont indiqué la Bresle comme limite séparant la pays des Calètes de celui des Ambiens de la Somme. Or la Bresle est une frontière normande. Entre la Bresle et la Scie qu'y avait-il ? On sait depuis les fouilles de M. Mangard au Bois-l'Abbé (Eu) qu'un petit peuple belge occupait le territoire entre Bresle et Yères (le futur Vimeu); client des Ambiens il avait son monnayage propre, c'était le Pagus Catuslou (peut-être les Catuslogi de Pline). idem, carte p 24 : la frontière sud supposée des Catuslou suivrait la rive nord de l'Yères. Le Talou serait le pays entre Scie et Yères. M. Mangard, L'inscription dédicatoire ...(année 1982) p 43 : "à propos de la frontière entre Ambiens et Calètes, nous avons été amené à établir celle-ci, pour la région qui nous intéresse, au-dessus de la rive droite de l'Yères, à 7 ou 8 km au sud / sud-ouest du Bois l'Abbé, en fondant essentiellement nos conclusions sur l'étude du monnayage gaulois trouvé sur le site et sur l'analyse des documents ecclésiastiques. Il faut ajouter que la frontière entre civitates devient ainsi frontière provinciale entre Belgique et Lyonnaise puisque Auguste, entre 16 et 13 (?), a rattaché à cette dernière Calètes et Veliocasses". Gh. Gaudefroy, LP, N° 86-87 (année 1983) p 15 : "La région située entre la Bresle et la Scie, donc au nord du Pays de Caux, est souvent appelée PETIT CAUX. Cette appellation est impropre, et purement juridique : elle est due au fait que cette contrée obéissait à la Coutume locale du Pays de Caux qui diffère sensiblement de la pure Coutume de Normandie (ainsi le droit d'aînesse s'y étend aux roturiers). Historiquement, ce territoire est, durant le Moyen-age - aux époques franque et proto-normande - le Talou, c'est le pays environnant la vallée de la Telle (ancien nom de la Béthune), tout comme le Vimeu est le pays situé entre Bresle et Somme, environnant la vallée de la Visme (ou Vimeuse). Les termes Tellao et Viminao apparaissent en même temps au VIIè siècle sur des triens mérovingiens. La limite entre ces deux 'pagi' reste discutée. Il est assuré cependant qu'elle ne correspond nullement à la frontière séparant, sous l'Ancien Régime, la Normandie de la Picardie, et moins encore à la limite actuelle des départements de la Seine-Maritime et de la Somme : ainsi, la Révolution a scindé en deux le duché d'Aumale situé de part et d'autre de la Bresle. Selon le choix des documents retenus, et l'interprétation faite de ceux-ci, la limite du Vimeu s'avère très fluctuante. Elle a été fixée arbitrairement sur la Bresle par Le Prévost en 1840. Puis Sémichon en 1862 a développé la conception, déjà émise par Déville en 1839, d'un Vimeu s'étendant jusqu'à l'Yères, et même au delà (vers Hesmy). Plus récemment en 1972, ces vues ont été reprises par Leducque qui, sur sa carte pousse, sans justification, ainsi que le note Mangard, la limite présumée de la Civitas Ambianorum (et indirectement, celle du Vimeu) jusqu'à Penly, à mi-chemin entre Criel et Dieppe. Et le tracé limitant ce "grand Vimeu" a été reproduit tel quel sur la carte de la Belgica, en 1975 publiée par M. Th. Raepsaet-Charler. En cette même année 1972, M. Mangard retenait que les textes cités contraignent à admettre l'existence d'une zone frontière entre Talou et Vimeu, correspondant, pour l'époque franque du moins, à une bande boisée bordurant la rive droite de l'Yères et comprenant le Pays d'Aumale. " Ghislain Gaudefroy, envoi personnalisé du 28.02.1993 : Talou : "Le problème majeur qui se présente à nous est de savoir si ce territoire des Catuslou- se confond avec la division administrative ultérieurement instituée par les Mérovingiens sous le nom de Talou ? ".. " Le nom, cité à partir du VIIè siècle, est formé à partir de celui de la Telle, rivière qui le traversait et qui est l'actuelle Béthune qui rejoint la Manche à Dieppe. Formations similaire pour le Vimeu (< Vismes, affluent rive droite de la Bresle qu'il rejoint à Gamaches), et pour le Hainault (< Haine, nom d'un cours d'eau)". ... Contrairement à ce qu'avancent certains auteurs (dont Mangard), les limites septentrionales du Talou n'ont jamais été sur l'Yères, mais correspondent à une zone formée par la Bresle doublée de la forêt d'Eu (au moins entre Auga = Eu et Sénarpont). ... La conclusion en est que le Talou se situe entre Bresle et la région de la Saane, voire celle du Dun. Toujours selon Ghislain Gaudefroy, LP, N° 108, p 10, le Talou est à l'origine du nom de famille Talbot (Tale, ancien nom de la Béthune + both "domaine" en nordique). |
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